09 Décembre : Un vitrail pour Noël signé Henri Matisse

Du 1er au 24 décembre, Deuxième Temps vous accompagne jusqu’à Noël !

Chaque jour, ouvrez une nouvelle case de notre tout premier calendrier de l’avent et découvrez une œuvre en lien avec cette période festive.

Aujourd’hui, Deuxième Temps vous propose de découvrir le célèbre vitrail d’Henri Matisse.


Henri Matisse. Nuit de Noël. Maquette en vitrail réalisée pour la chapelle du Rosaire de Vence. 1952. Tate Modern Gallery, Londres

Opéré avec succès d’un cancer en 1941, Henri Matisse entame « une seconde vie » créatrice. Celle-ci va durer quatorze années alors que les médecins ne lui donnaient que quelques mois à vivre.

Diminué, l’artiste lutte pour continuer de pratiquer son art, remplaçant le pinceau par des ciseaux. De ses découpages habiles surgissent alors des feuilles, des fleurs, des étoiles, des animaux et bien d’autres sujets qu’il assemble, les épinglant sur les murs de son atelier jusqu’à trouver la disposition parfaite.

Une technique en apparence simpliste mais résolument révolutionnaire dans le contexte de l’après-guerre.

Au début des années 1940, Henri Matisse aménage à la demande des sœurs dominicaines la chapelle Notre Dame du Rosaire à Vence dans sa totalité : architecture, vêtements liturgiques, orfèvreries et…vitraux.

Toutefois, bien que les motifs choisis s’inscrivent dans le prolongement de ses œuvres peintes puis découpées, l’artiste tente essentiellement d’instaurer un dialogue entre art et religion. Il déclare ainsi : « Pas de figures, rien que le patron des formes. Imaginez le soleil se déversant à travers le vitrail – il lancera des reflets colorés sur le sol et les murs blancs » ou encore : « j’ai commencé par le profane, et voici qu’au soir de ma vie, tout naturellement, je termine par le divin ». Sa chapelle émeut les visiteurs mais sa conception reste encore « traditionnelle » malgré la modernité figurative.

Dans le courant des années 1950, Le père Couturier (qui créa des vitraux pour une chapelle de la crypte de la cathédrale de Chartres) lance un mouvement qui vise à un renouveau de l’art sacré en faisant appel aux grands artistes du temps.

A l’instar de Marc Chagall et de George Braque, Henri Matisse sera également associé à la création de vitraux. 

Commandé par le magazine Life en janvier 1952 pour les célébrations de fin d’année, le vitrail de « La Nuit de Noël » illustre bien l’essor de ces sollicitations tout au long du XXe siècle.

En mars 1952, la maquette finie fut remise à Paul Bony, l’artisan-verrier qui avait déjà fabriqué les vitraux de la chapelle Notre Dame du Rosaire à Vence, et quatre mois plus tard, le vitrail fut achevé.

D’une hauteur de presque 11 pieds, celui-ci fut d’abord exposé à New York pour la veille de Noël à la réception du Time-Life Building du Rockefeller Center. À cette occasion, Henri Matisse écrivit à Alfred H Barr Jr, le directeur des collections du musée du Musée d’art moderne, que la « maquette d’un vitrail et la fenêtre elle-même sont comme une partition musicale et sa performance comme un orchestre ».

En juin 1953, le magazine donna à la fois le vitrail et la maquette au Museum of Modern Art. Ainsi, l’œuvre dans son ensemble pu être présentée en 2013 pour la première fois au Royaume-Uni dans l’exposition dédiée aux dernières œuvres d’Henri Matisse organisée au Tate Modern, Henri Matisse: The Cut-Outs.

Marion Spataro

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