01 Décembre : La « découverte » de Norman Rockwell

Du 1er au 24 décembre, Deuxième Temps vous accompagne jusqu’à Noël !

Chaque jour, ouvrez une nouvelle case de notre tout premier calendrier de l’avent et découvrez une œuvre en lien avec cette période festive.

En ce premier jour de décembre, Deuxième Temps vous propose de décrypter « La Découverte » de Norman Rockwell.


Norman Rockwell. The Discovery. Illustration de la couverture pour The Saturday Evening Post. 29/12/1956

La période de Noël est rythmée par de nombreuses traditions : acheter un calendrier de l’avent, décorer son sapin, cuisiner, préparer quelques biscuits et surtout… attendre le passage du Père Noël.

Mais que faire lorsque nos chères têtes blondes sont sur le point de découvrir le secret de Noël ?

En 1956, l’artiste américain Norman Rockwell ose briser le mythe en illustrant, pour la dernière fois, la couverture du numéro de Noël du Saturday Evening Post.

Intitulée « La Découverte » (The Discovery, en anglais), l’œuvre aborde ce sujet sensible en représentant l’étonnement d’un petit garçon, pris au piège de sa propre curiosité.

Pour autant, c’est bien cet excès de curiosité qui permet au garçonnet, de manière inattendue et brutale, de faire son entrée dans le monde des adultes.

Notre œil s’attarde ensuite sur la porte de la chambre, comme pour détourner notre regard de celui de l’enfant et trouver inconsciemment une issue au malaise ambiant. Conscient de l’embarras provoqué, l’artiste ne laisse donc aucune échappatoire dans sa composition et contraint le spectateur à se projeter personnellement dans cette illustration.

En ce sens, Norman Rockwell confronte l’adulte que nous sommes à la réalité de ce monde d’illusions que nous donnons aux enfants dans les premières années de leur vie.

La critique, elle, pointe du doigt le comportement des parents face à la réaction des plus jeunes. La solitude du petit garçon, accentué par le miroir vide au-dessus de lui, semble faire écho à l’absence des adultes dans ce moment délicat.

Ainsi, le malaise généré s’amplifie encore davantage face à cette forme de lâcheté et de culpabilité que seuls les parents peuvent comprendre : conscient de notre « mensonge », nous laissons pourtant nos enfants se débrouiller seuls pour accéder à la vérité sur le sujet. Pour cela, nous comptons sur leurs camarades d’école, sur la maladresse d’une tierce personne ou… sur leur curiosité grandissante.

Le constat est sans appel : nous n’assumons que fort difficilement l’accès à la vérité.

Néanmoins, comment le pourrions-nous alors que nous vivons nous-mêmes dans un monde d’illusions et de mensonges ? De ce fait, comment pouvons-nous être sincères et honnêtes avec eux et de fait dans nos rapports aux autres ?

En conclusion, Norman Rockwell a donc voulu dénoncer un monde d’illusions. Monde dans lequel les enfants doivent parfois découvrir par eux-mêmes la vérité sur ce qui les entoure.

Mais, comme l’on peut s’y attendre, le Saturday Evening Post reçu de nombreuses lettres de parents en colère suite à la parution du magazine. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Norman Rockwell ne traita plus le thème de Noël dans ces illustrations… ?

Marion Spataro

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