10 Octobre : Journée mondiale pour la vue

Engagées, solidaires, originales ou parfois… simplement loufoques, les journées mondiales ne cessent de nous étonner et de nous mobiliser en faveur des causes internationales les plus diverses.

Parmi elles, le droit à la vue peut et devrait être mis en œuvre dans la mesure où l’on estime qu’une personne devient aveugle dans le monde toutes les cinq secondes, faute d’avoir pu accéder aux services de santé pour la prévention et le traitement des affections oculaires.

En cette journée dédiée au problème de la cécité à travers le monde, Deuxième Temps vous propose de revenir sur l’incroyable histoire des Nymphéas, véritable « Sixtine de l’impressionnisme », selon l’expression d’André Masson, réalisée alors que Claude Monet, atteint de cataracte, voit sa vue s’affaiblir avec le temps.

Détail des Nymphéas. Musée de l’Orangerie.

Le cycle des Nymphéas occupe Claude Monet durant trois décennies, de la fin des années 1890, à sa mort en 1926, à l’âge de 86 ans. Inspiré du jardin d’eau créé dans la propriété de sa maison de Giverny en Normandie, cet ensemble artistique remarquable aboutit aux ultimes grands panneaux donnés par l’artiste à l’Etat en 1922, visibles au musée de l’Orangerie depuis 1927.

Cependant, à cette date, l’ensemble ne rencontre pas l’enthousiasme du public.

En effet, l’impressionnisme semble discrédité par le renouveau de l’art prôné par les avant-gardes qui jalonnent le début du 20e siècle : le fauvisme, le cubisme, le futurisme, dada, le surréalisme…

Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale et notamment avec l’apparition d’un nouveau foyer de l’art moderne à New York qu’un regard neuf est posé sur l’œuvre du dernier Monet.

Pour autant, la postérité des Nymphéas doit moins à la critique élogieuse qu’au drame qui entoure la réalisation de ce chef-d’œuvre de l’impressionnisme.

Alors qu’il achève le second cycle des Nymphéas, séries de paysages d’eau (1903-1908), Claude Monet peine à terminer son œuvre. En 1908, l’artiste souffre de douleurs névralgiques répétitives dues à la perte de son acuité visuelle. Drame évident pour l’homme dont l’art impressionniste est fondé sur l’utilisation de la couleur, qui doit à elle seule « dessiner » le motif sans recours à la ligne…

Ses peintures, en particulier le troisième cycle des Nymphéas, deviennent de plus en plus “imprécises”, floues et abstraites. De 1910 à 1923, ses œuvres s’obscurcissent, les contours s’estompent et certaines couleurs disparaissent.

Cette maladie sonne le glas de l’artiste, qui, le cristallin s’opacifiant, usera de traitements en tout genre pour dilater au maximum sa pupille.

Pour autant, l’inspiration sans limite et le profond attachement de Claude Monet pour son jardin de Giverny contribuèrent involontairement à une transformation aussi spectaculaire que tristement sublime de son œuvre.

Exposé au musée de l’Orangerie, l’ensemble peint des Nymphéas demeure, encore aujourd’hui, l’une des plus vastes réalisations monumentales de la peinture de la première moitié du 20e siècle.

Marion Spataro

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