En avril, ne te découvre pas d’un fil

En avril, s’il ne faut pas se découvrir d’un fil, enfilons nos lainages. Les artistes qui travaillent le tissus sont nombreux et comme souvent les intentions sont différentes. Parmi eux, vous connaissez peut être Annette Messager, dont la broderie s’apparente à une recherche sur la féminité, élément qu’on retrouve dans les poupées de Catherine Herbertz. On vous parlait aussi de Kimsooja et de sa métaphore de l’aiguille. Il n’est pas étonnant de penser d’abord à des femmes artistes : en 1960-70, cette pratique leur permet de s’émanciper, d’abord de manière provocante et humoristique, rappelant le rôle de la bonne ménagère. Mais ensuite pour revendiquer leur statut de créatrice indépendante.

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Elles – Catherine Herbertz, 2016. Crédit photographique : À L’Heure de L’Art

Loin d’être une pratique réservée aux femmes âgées, différents types de productions ressortent de ce genre. Aussi intéressons-nous à ces hommes qui utilisent le textile comme matière première.

Tout d’abord, David Hammons est connu pour s’être inspiré de la réalité quotidienne des Afro-Américains, pour créer et dénoncer le traitement qui leur était réservé. Mais considérant les discours violents autour des communautés maltraitées, l’artiste aimait faire des oeuvres qui restent floues pour le spectateur, afin que ce dernier comprenne l’absurdité de telles allégations. Ainsi, Hammons a souvent utilisé des objets trouvés dans la rue et notamment des tissus. Accrochés à des murs, des miroirs, ces créations pourraient être une métaphore de “l’écran de fumée”.

Yann Gerstberger, I'M SURE THE SHARKS WILL LOVE MY BLOOD, 2015.
Yann Gerstberger, I’M SURE THE SHARKS WILL LOVE MY BLOOD, 2015. Fils de coton teint avec l’extrait de cochenille et de colorants synthétiques sur vinyle recyclé, 290 x 240 cm. Image Courtesy Galerie Perrotin

Cette idée de valorisation culturelle, on la retrouve dans les tapisseries de Yann Gerstberger, réalisées au Mexique à partir de matériaux à faible coût comme des serpillères. Pour les colorer, il utilise une technique traditionnelle mexicaine et indienne : la grana cochinilla, parasite animal des cactus. L’artiste explique que ses tapisseries sont des hybrides de productions artisanales arabes et de BD.

Chez Mehryl Levisse, la broderie va servir de lien social, notamment dans son travail réalisé en résidence avec un maison de retraite. De manière humoristique, l’artiste a entreprit la réalisation du camisole SM en laine. Aidé par les pensionnaires exclusivement féminines, tous ont travaillé sur un bout de ce vêtement, destiné à Levisse lui-même. Mais plus qu’une simple construction artisanale, le temps passé à la réaliser fut bénéfique du point de vue humain.

Mehryl Levisse, L’esprit du tricot, 2015
Mehryl Levisse, L’esprit du tricot, 2015, © mehryl levisse / adagp
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