Art et argent, une relation difficile

Si, au premier abord, on peut se sentir choqués de mêler l’argent à l’essence de l’art, ces deux notions sont-elles totalement incompatibles ? Qu’est ce que l’art ? Qu’est-ce qui devrait écarter l’art de toute marchandisation ? Et s’il y a une notion économique, quel est son contexte ?
Dans une forme de présupposé de notre codification sociale, il peut apparaître de mauvais goût ou gênant d’un point de vue éthique, de mêler le pécuniaire à l’exercice de l’artistique. En effet, l’acte créateur tendrait vers une certaine noblesse et un désintérêt pour l’argent ; on peut toutefois constater qu’il s’inscrit dans une logique économique ou même dans un marché.

 

Ben Vautier, Je ne fais pas ça pour de l'argent, photo Galerie Taiss, issu du site imago.blog.lemonde.fr
Ben Vautier, Je ne fais pas ça pour de l’argent, photo Galerie Taiss, issu du site imago.blog.lemonde.fr

On voudrait nous faire croire que le prétendant à l’art suit une prédisposition naturelle, mais il y a tout de même, selon toute vraisemblance, la nécessité de développer ce talent à partir de schèmes comparables à tout autre métier. Les partisans de cette idée voient le don relevant de l’inné d’une part, et le développement de la compétence artistique nécessitant apprentissage et expertise, d’autre part. Dès lors que l’on a observé et constaté cet état de fait, on peut également se rendre compte que l’art est souvent présent sur des terrains relevant du domaine marchand ou commercial : publicité, partenariats, etc.

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Cependant il existe une frange artistique où, sans porter de jugement de valeur morale, l’œuvre d’art devient une forme d’investissement commercial s’inscrivant dans un patrimoine du domaine particulier. C’est par exemple le cas dans le domaine des ventes aux enchères de tableaux. Il en est de même lorsque les créations s’industrialisent dans des ateliers, comme chez Jeff Koons à qui il arrive de ne jamais intervenir dans le processus de réalisation.

Koons, Balloon
Balloon Dog, Jeff Koons, 2000 Crédit photo : The Guardian, 2008

Ainsi l’œuvre d’art appartient d’abord à l’artiste qui l’exploite selon les exigences du domaine professionnel, comme toute autre activité. Mais il y a également tout un pan où la réalisation, sans être a priori dénaturée de son but d’origine, devient un bien commercial ou un investissement placé sur une échelle économique, voire sur des plans comparables à une action boursière.

Olivier Gouzowsky

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