Sélection spiritisme et art

Chaque année en octobre, on voit fleurir sorcières, squelettes et autres fantômes dans nos quotidiens. Généralement, ce sont les enfants qui s’immergent le plus dans ce folklore. Pourtant, jusqu’à la fin du XIXe siècle la majorité de la population croyait en l’existence des esprits et fantômes : on les retrouve même dans l’histoire de l’art et de la photographie.

Le spiritisme, c’est la croyance selon laquelle l’esprit des morts subsiste après le trépas. L’idée est née au XIXe siècle, pour répondre à la peur de la mort : la période était difficile, entre les épidémies et les guerres.

Mais il ne faut pas croire que ces croyances étaient réservées à la classe populaire, bien au contraire. Des personnalités comme Victor Hugo, Alexandre Dumas ou encore George Sand ont par exemple pratiqué les tables tournantes. Il s’agissait de s’installer autour d’un guéridon, et d’invoquer un esprit qui devait soulever la table pour attester sa présence.

H. Mairet, Lévitation de table par Eusapia Palladino chez Camille Flammarion, 25 novembre 1898, France.
H. Mairet, Lévitation de table durant une séance d’Eusapia Palladino chez Camille Flammarion, 25 novembre 1898, France.
Albert Von Schrenck-Notzing, médium avec un voile ectoplasmique, 23 juin 1913
Albert Von Schrenck-Notzing, le médium Stanislawa P. avec un voile ectoplasmique, 23 juin 1913. Epreuve gélatino-argentique, 22,2 x 17,9 cm, Institut für Grenzgebiete der Psychologie und Psychologiene, Fribourg-en-brisgau

Dans la vague de fascination pour l’occulte, la pratique a eu beaucoup de succès, censée prouver la possibilité de communication avec l’au-delà. On a évidemment pris ces séances en photographie, puisque la technique était jugée objective. Et en plus des tables tournantes, on trouve tout un tas d’images de ces pratiques qui intriguent aujourd’hui : esprits grossièrement grimés (voir notre dossier sur la photographie spirite), mais aussi ectoplasmes et autres objets étranges.

 

Léon Petitjean, Sans titre, 1922, collection ABCD, Montreuil
Léon Petitjean, Sans titre, 1922, collection ABCD, Montreuil

Si les gens de lettre se sont intéressés à ces croyances, les artistes ont été intrigués également. Du romantisme noir du XIXe siècle aux surréalistes des années suivantes, tous les types de créations ont été explorés. Un nouveau genre d’artistes est même né, avec les médiums qui créaient durant des transes. Les plus connus ont produit des images intéressantes, comme Victorien Sardou ou Léon Petitjean. D’un autre côté, on retrouve les écritures automatiques d’André Breton et de bien d’autres.

C’est cependant aux Etats-Unis que les choses sont allées le plus loin, avec la croyance spiritualiste, assez similaire au spiritisme français. C’est là que vivait Sarah Winchester, qui a utilisé la richesse de son époux pour faire construire une demeure dédiée aux esprits de ceux tués par les fusils Winchester. A la mort de son mari, cette femme a investi tout son temps et son argent dans la communication avec les fantômes qui étaient censés lui dicter les éléments à ajouter à la demeure. Il s’agit d’un édifice incroyable, qui comprend aujourd’hui 160 pièces et de nombreuses curiosités comme des portes qui donnent sur le vide ou des escaliers qui mènent au plafond.

Mais même si tout cela a eu lieu dans les siècles précédents, ces questions suscitent encore l’intérêt aujourd’hui. Une conférence diffusée il y a quelques temps sur France culture le prouve, si cela vous intrigue !

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