[EXPO] Destinerrance, Mac Arteum

Du samedi 13 mai au samedi 8 juillet 2017, le Mac Arteum de Châteauneuf-le-Rouge dans les Bouches-du-Rhône, propose un voyage initiatique avec son exposition Destinerrance. Réunissant une vingtaine d’artistes issus d’univers artistiques et culturels divers, l’exposition invite à questionner les notions d’espace et de temps, de réel et d’imaginaire, en s’intéressant à l’errance, l’orientation, la désorientation et l’incertitude de la destination.

Guillermo Moncayo, L'Horizon des événements, 2015-2017.
Guillermo Moncayo, L’horizon des événements, 2015-2017. Film, Couleur, 16’22’’. © Production Le Fresnoy Studio national des arts contemporains

Le musée propose une sélection d’œuvres dont certaines sont issues de collections privées ou publiques et d’autres sont produites, réactivées ou adaptées pour la circonstance. Peintures, sculptures, dessins, cartes, photographies, lettres, installations, œuvres sonores ou encore vidéos sont présentés. De multiples propositions, jetées comme une bouteille à la mer, que le spectateur est appelé à percevoir selon son propre voyage intérieur, qui dialoguent et s’entremêlent au rythme d’un parcours ménageant des échos entre les œuvres et les espaces du lieu.

Christiane Courbon, responsable de la programmation d’ARTEUM, a invité Rindala El Khoury à partager le commissariat de cette exposition au riche contenu. Elles nous expliquent la notion de destinerrance interrogée par le philosophe Jacques Derrida : « Dans destinerrance, on entend les mots  destin(ée) et errance, deux termes apparemment contradictoires, mais seulement en apparence, car dans la destinerrance, l’arrivée et la dérive sont inséparables ».

Les peintures d’Armelle de Sainte Marie mènent une Odyssée qui a trait au paysage intérieur, onirique ou organique. L’artiste propose des géographies imaginaires et ambiguës avec ses récentes évocations de roches métamorphiques. Ses peintures représentent des paysages condensés en une forme originelle, aux reliefs qui se meuvent et absorbent le regard pour l’attirer à explorer le microcosmique. Ses corps hybrides en gravitation sont autant de projections de mondes visibles et invisibles entremêlés, reflets et territoires intimes et universels.

Armelle de Sainte Marie, Olympe, 2016.
Armelle de Sainte Marie, Olympe, 2016. Acrylique sur toile, 162 x 130 cm. © Courtesy de l’artiste.

Dans l’oeuvre de Niki de Saint Phalle, l’expérience personnelle de l’artiste s’associe à son engagement féministe. L’œuvre présente des bribes de poésie avec des dessins aux couleurs vives. Un pêle-mêle entre fantaisie enfantine et coup de gueule d’une femme qui ose s’affirmer. Cette sérigraphie « raconte des histoires, petites pépites de mots accrochés ça et là… un tableau d’enfant ô combien parvenu à maturité. C’est vif, c’est ourlé d’humour… ça claque… Je crois que ça chante !! », nous dit Isabelle Des Ligneris.

Si l’œuvre de Niki de Saint Phalle chante, qu’en est-il de celle de Yoann Ximenes ? Avec ses mantras, le jeune artiste nous emporte dans un tourbillon visuel et sonore.

mantras
Yoann Ximenes, Mantras, 2012/2017, polystyrène extrudé, cordes en nylon, plombs et équipement électronique pour sonorisation, dimensions variables. © Courtesy de l’artiste

Déjà présentés à plusieurs reprises, les mantras sont réactivés et adaptés par l’artiste au Mac Arteum. Ce travail explore les relations entre l’univers sonore et le monde physique d’après la notion de performativité. L’artiste considère le langage, le son, comme des moyens d’actions sur la réalité. Ses mantras sont une transposition plastique d’éléments sonores et vocaux en des formes sculpturales et des tracés graphiques. En piochant dans l’actualité, Yoann Ximenes tend à mettre en évidence la force des mots. Des haut-parleurs diffusent des fragments de discours qui ont forgé l’histoire moderne, afin que soit saisie leur force vocale et leur physicalité. Barack Obama, Nelson Mandela, ou encore Martin Luther King sont convoqués pour la performativité de leur parole. Traduites en volumes à partir de leur tracé graphique, matérialisées dans le polystyrène extrudé, ces paroles deviennent des sculptures aériennes et tangibles, des nuages posés entre terre et ciel.  

L’exposition destinerrance propose bien d’autres univers artistiques différents, susceptibles de transporter le spectateur. Les flèches directionnelles de Yazid Oulab cherchent un sens, tandis que les boussoles d’Ahram Lee nous font perdre le nord. Et alors que Julien Prévieux se moque des paradigmes économiques et politiques, les œuvres de Walid Raad montrent une nouvelle vérité. Bien d’autres noms sont investis dans cette réflexion autour de la destinerrance, comme Laurent Baude, Jenny Holzer, Catherine Melin ou encore Pierrick Sorin. Ils vous attendent également pour vous plonger, le temps d’une visite, dans ce voyage initiatique.

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