Le Crystal Palace, monument à la gloire de l’Angleterre

Nous sommes le 1er mai 1851. Londres est au centre de toutes les attentions; la reine Victoria inaugure la première «Exposition des œuvres de l’industrie de toutes les nations», plus communément appelée «Exposition universelle». Il s’agit d’une foire importante au cours de laquelle les pays participants ont l’occasion de se confronter sur le terrain de l’industrie. L’Angleterre, organisatrice de l’événement, s’est réservée presque la moitié des espaces d’exposition et fait la démonstration de sa puissance industrielle. Machines en tous genres, locomotives innovantes, objets de luxe et œuvres d’art sont à l’honneur. Mais pour les six millions de visiteurs qui accourent durant les cinq mois d’exposition, le bâtiment contenant ces richesses remporte plus encore de succès.

EPSON MFP image
Joseph Paxton, Le Crystal Palace réalisé dans Hyde Park pour l’Exposition universelle de Londres, 1851. © Bridgeman.

Une construction où convergent art et industrie

Afin de mettre en oeuvre l’édifice, il est nécessaire de construire 300 000 panneaux de verre, 3 300 colonnes, 2 150 poutrelles et 372 cintres de voûtes. Les métallurgistes Fox et Henderson, ainsi que le verrier Chance permettent au projet de se concrétiser en un temps record. Car si le projet voit le jour dans l’esprit de Joseph Paxton le 11 juin 1850, ce n’est Crystal Palace, Paxton, 1851que le 26 septembre que le montage démarre, laissant ainsi moins de 8 mois pour le mettre sur pieds. Il s’agit d’un exploit à l’époque, permis grâce à la technique de la préfabrication des éléments avant leur mise en place selon des procédés répétitifs. Le chantier progresse simultanément de toutes parts; le levage des colonnes, la fixation des poutres et la pose des panneaux de verre se font en même temps, ce qui permet à l’édifice d’être construit rapidement.

Vient ensuite l’harmonisation par les couleurs (primaires), dont se charge le décorateur Owen Jones. La peinture souligne finalement la structure à l’esthétique épurée. Ce palais de cristal suscite l’émerveillement de la part des visiteurs parce qu’il constitue une prouesse sans précédent. L’emploi de matériaux modernes (verre et fer notamment) vient souligner la puissance symbolique de la nation anglaise par son caractère novateur.

Une architecture de l’exposition

La structure externe laisse entrevoir un espace interne volumineux. La symétrie axiale en façade est évidente; les portails d’entrée centraux ont la même largeur que le diamètre du transept semi-circulaire (voûte dite «en berceau») qui surplombe l’édifice. Dans la réalisation finale, cette partie est encore mise en avant par une saillie qui anime le volume.

Crystal Palace, Paxton, 1851, salle d'exposition pour les nations étrangères
Joseph Paxton, Salle d’exposition réservée aux nations étrangères au Crystal Palace, 1851. © Bridgeman.

À l’intérieur, la disposition est similaire puisque l’on retrouve trois nefs étalées en longueur sur tout le bâtiment. L’axe central contient des objets de grande taille, tandis qu’autour se répartissent de petits espaces d’expositions compartimentés. Cette disposition se retrouve au premier étage qui s’ouvre sur le grand espace central. Une vue d’ensemble est permise depuis les balcons qui s’étalent tout le long de la construction. On comprend alors que cet événement est l’occasion de voir du monde et de se faire voir, comme il en est coutume dans les théâtres mondains de l’époque.

Entre architecture et nature

L’édifice se compose essentiellement d’une structure alliant le verre et le fer. Ce choix stratégique confère à la construction une large diffusion de lumière sur les différents stands exposés. Mais l’ancien jardinier qu’est Joseph Paxton, devenu constructeur de serres, n’apporte pas seulement une solution pratique au chantier, mais également un langage architectural et paysagiste. L’environnement extérieur entre en résonance avec le décor intérieur grâce à la possibilité de prolonger le regard au delà des façades du bâtiment. Les arbres et les plans d’eau du parc royal se prolongent par le biais d’arbres et de fontaines installés à l’intérieur du Crystal Palace. L’insertion du bâtiment dans son environnement est complète et sans rupture.

Ce bâtiment constitue finalement un symbole national fort. Il marque les esprits de l’époque et ouvre la voie à de nombreuses manifestations similaires dans d’autres pays. Pour ne citer qu’un exemple, l’Exposition universelle de 1878 présenta une image de la France sublimée à travers la construction du Palais du Trocadéro de Gabriel Davioud.

Amandine Candel

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