[EXPO] Sabine Weiss, photographe humaniste

 

Jusqu’au 30 octobre 2016, le château de Tours retrace le vaste parcours de la carrière de Sabine Weiss. Un grand nombre de documents d’archives inédits viennent compléter l’œuvre photographique de l’artiste. Retour sur le parcours de toute une vie à la recherche d’échanges humains.

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Autoportrait de Sabine Weiss paru dans US Camera, 1953. © Sabine Weiss

Née en 1924, Sabine Weiss (née Weber) s’intéresse très tôt à la photographie. Après un apprentissage chez Paul Boissonnas, célèbre et réputé studio de Genève, elle gagne Paris où elle devient l’assistante du photographe Willy Maywald. Vers 1952, Robert Doisneau lui permet d’être intégrée à l’agence Rapho. Son travail est progressivement reconnu dans le monde entier. La photographe fréquente le milieu des artistes d’après-guerre et réalise de nombreux clichés de personnalités. Les premières années de sa carrière sont marquées par des contrats pour la presse illustrée internationale ; Sabine Weiss réalise des reportages politiques, des photographies de mode et de publicité pour The New York Times Magazine, Vogue et Life, par exemple.

L’humain au cœur de son travail

Ce qui permet de qualifier Sabine Weiss de photographe humaniste reste son attrait pour les sujets de société. Déjà au travers des commandes qui lui sont passées, l’artiste s’intègre au climat optimiste de la paix retrouvée que l’on observe dans les années 50. La société croit alors en une solidarité nouvelle entre les peuples. Tout au long de sa carrière, les clichés de Sabine Weiss placent l’homme au centre de ses préoccupations. Elle offre à voir une panoplie d’émotions à travers des captures d’images représentant l’homme sous toutes ses conditions de vie. En 1954, une exposition à l’Art Institute of Chicago lui est consacrée. Le succès est assuré par la représentation d’enfants qui jouent, de clochards qui méditent et de paysages urbains.

Si les commandes qu’elle reçoit l’ouvrent en permanence à une diversité de sujets et de genres, la veine humaniste reste prédominante dans son travail. Ses commandes la font voyager en Europe et lui permettent de découvrir des ambiances et des personnes au hasard de ses déambulations. Dans les rues des pays qu’elle parcourt, Sabine Weiss capture des instants de vies. La photographe développe une œuvre personnelle qui lui permet d’exprimer sa vision du monde.

L’importance du voyage

Dès les années 1980, des voyages en Égypte, en Inde, à La Réunion, en Birmanie, en Chine, en Guadeloupe et en Bulgarie lui permettent de revenir sur l’évocation de l’âme humaine au travers d’attitudes et de visages expressifs.

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La petite égyptienne, 1983. © Sabine Weiss

Les regards sont joyeux, évasifs ou intenses. Parfois en mouvement, les sujets sont bien souvent perdus dans leurs pensées ou dans la contemplation du monde. Qu’ils appartiennent à une classe populaire ou qu’ils soient riches, que leurs yeux soient emplis de joie ou en larme, les sujets représentés se ressemblent. Les différences observées dans leurs modes de vie et leurs habitudes culturelles n’empêchent pas de saisir des sentiments humains identiques. Voici ce qui intéresse Sabine Weiss que l’exposition présente comme « la dernière représentante de l’école humaniste française » qui réunit également Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat, Jean Dieuzaide, Braissaï ou Izis.

Amandine Candel

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